Les habitants de Zénith repeignent leur quartier

18avril

Les habitants de Zénith repeignent leur quartier

Article de France Guyane (Vendredi 24 février 2017)

Ils ont entre 6 et 60 ans. Ensemble, ils remplacent les graffitis de leur quartier par des fresques colorées Un projet qui a trouvé des soutiens originaux, telle l’auto-école du quartier qui offre des codes aux jeunes les plus investis.

fresque colorée par l'association Akatij MATOURY. L’entrée de Zénith est relookée. Depuis trois semaines, les habitants de ce quartier du Larivot se retrouvent une à deux fois par semaine. Encadrés par deux artistes guyanais (Abel et Altesse), ils réalisent des fresques qui gomment les disgracieux graffitis. En plus de « l’embellissement du quartier, ça valorise les jeunes et ça leur permet de s’exprimer dans leur malaise et aussi lancer des messages de sécurité et d’unité » , commente Abel Adonaï.
C’est l’association Akati’j – présente depuis deux ans dans le quartier – qui a lancé le projet il y a dix mois. Après un long travail pour établir un « lien de confiance avec les jeunes, on leur a fait comprendre qu’il y a d’autres manières de s’exprimer » , résume Sarah Colmagro, médiatrice sociale. S’ensuivent des réunions avec les habitants pour réfléchir à ce qu’ils veulent voir et établir des maquettes… puis la recherche de fonds.
Et le soutien rencontré est plutôt atypique. La Semsamar, bailleur social, a accepté de financer 80% du projet du quartier se sont mobilisées aussi, poursuit Sarah Colmagro. La pizzeria, le libre-service, l’auto-école… » Cette dernière a proposé d’offrir sept codes aux plus investis. Geoffrey, 22 ans, fait partie des heureux bénéficiaires. « Ça fait les jeunes avancer un peu, ça fait plaisir! » lance-t-il. Le jeune homme qui vit le quartier depuis huit ans a contribué à la fresque représentant les activités du quartier. Il a notamment proposé que soit dessiné le visage de son ami Claudio, jeune du quartier décédé il y a cinq mois. « J’ai voulu lui rendre hommage. »
Ce mercredi après-midi, ils sont un peu moins d’une dizaine – des tout-petits, des grands – pinceaux en main. C’est l’heure de l’atelier des petits, enthousiasmés au possible. Raoul, 9 ans : « C’est une activité que j’aime beaucoup, c’est génial et tout le monde s’amuse bien! J’ai fait le gros coeur là-bas, pointe-t-il du doigt. Les graffitis, les gens de la cité ils exagèrent trop. Ils écrivent des trucs cochons, ils écrivent n’importe quoi! Je veux que ça reste comme ça. Je veux peindre encore beaucoup de murs! »
Les habitants ont voulu illustrer les activités du quartier, la solidarité intergénérationnelle, la violence ou encore l’identité du quartier (RF)

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